Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Combien de temps allons-nous accepter que des hommes, des femmes, des enfants meurent sous nos yeux ?

27 personnes qui tentaient de gagner la Grande-Bretagne depuis le France ont péri noyées dans le naufrage de leur bateau, mercredi. Exceptionnel par le nombre de victimes, ce drame ne l'est pas par ses circonstances tant elles se répètent.

 

En début de mois, un TER heurtait un groupe de migrants proche des voies ferrées, 1 mort et plusieurs blessés. 400 migrants secourus in extremis en Méditerranée lors d’une seule opération de sauvetage. Au Sénégal, la marine nationale a réussi à secourir 82 personnes qui partaient vers l’Espagne sur une simple pirogue. 4 enfants morts sur la route migratoire vers les Canaries. Au centre de rétention administrative de Mesnil-Amelot, un homme passe toute la nuit sur le toit pour éviter l’expulsion. Au centre de rétention administrative de Palaiseau, un homme de nationalité colombienne en France depuis 10 ans enfermé à cause d’un patron qui ne lui fait pas de contrat de travail alors qu’il travaille pour lui depuis plus de 3 ans. Un jeune apprenti malien en France se retrouve du jour au lendemain sans hébergement, sans avoir le droit de travailler car il vient d’avoir 18 ans. Un médiateur de l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) en déplacement à Calais repart en annonçant avec un certain cynisme que les personnes délogées après les démantèlements réguliers de la police auront le droit de récupérer leurs affaires. Bras de fer entre associations et État au sujet de la fermeture d’un refuge d’accueil pour migrants à Briançon, etc.

 

Cette énumération est une partie de l’actualité de ce mois de novembre. On pourrait rajouter la situation en Île-de-France où des centres d’hébergement d’urgence dans des lieux transitoires « réquisitionnés » il y a un an et demi pour mettre à l’abri de la pandémie une partie des personnes en attente de demande d’asile ou autres risquent de fermer sans que l’État propose des solutions pérennes d’hébergement. Sans oublier la répression, les tentes lacérées, la construction de murs ...

 

Voilà les conséquences des politiques migratoires de la France et de l’Europe et il faudrait laisser parler sans contradiction possible les Pécresse, Ciotti, Barnier, Bertrand, Zemmour, Le Pen, Valls, Darmanin, etc. Que chaque responsable politique mesure la responsabilité de ses propos d'estrade en matière d'immigration et de droit d'asile. Car au bout du compte, c'est de la vie et de la mort d'êtres humains dont il est question.

 

Une nouvelle fois, répétons qu’il n’y a pas « d’invasion » migratoire, répétons que l’immigration ne coûte rien ou presque aux pays d’accueil. En effet, un rapport de l’OCDE rendu public le 28 octobre explique que dans tous les pays d’accueil, la contribution des immigrés sous la forme d’impôts et de cotisations est supérieure aux dépenses que les pays consacrent à leur protection sociale, leur santé et leur éducation.

 

Le monde s’est construit avec les mouvements de population et les politiques migratoires en France comme en Europe n’ont pas besoin d’être de plus en plus dures, elles le sont déjà beaucoup trop. Elles ont besoin de courage, de voies légales et sécurisées, de montrer que la solidarité et l’accueil digne peuvent être plus forts que la haine, le mépris et la construction de murs.

 

 

 

Combien de temps allons-nous accepter que des hommes, des femmes, des enfants meurent sous nos yeux ?
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article